Lauréat(e)s 2017-2018: concours prix étudiants (meilleures thèses et meilleures maîtrises)

Prix Doctorat

 

Doré Isabelle (UdeM, CRCHUM)

Activité physique et santé mentale chez les jeunes au collégial

Résumé:

Les jeunes en transition à l’âge adulte présentent le plus faible niveau de santé mentale et les prévalences les plus élevées de troubles anxieux et dépressifs comparativement à tous les autres groupes d’âges. D’un point de vue de santé publique, l’identification de facteurs et comportements modifiables pour promouvoir la santé mentale et prévenir les troubles mentaux est essentielle. L’activité physique suscite de plus en plus d’intérêt dans le domaine de la santé mentale. Or, les modalités optimales de l’activité physique ainsi que les mécanismes sociaux associés à la santé mentale et aux troubles mentaux sont peu documentés. Une collecte de données longitudinale, auprès d’étudiants au collégial, a été effectuée spécialement pour ce projet de recherche. Le premier article de cette thèse présente une évaluation des propriétés psychométriques de l’outil de mesure de la santé mentale utilisé dans cette thèse, le Mental Health Continuumdans sa version canadienne-française. Le second article étudie les associations transversales entre deux modalités de l’activité physique, le volume et le contexte, et la santé mentale, l’anxiété et la dépression. Le troisième article évalue l’effet médiateur des relations sociales sur l’association longitudinale entre le contexte d’activité physique et la santé mentale et la dépression. 

La thèse est disponible sur papyrus: https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/18581

Prix Maîtrises

 

Chaput Sarah (UdeM) 

Des fruits et légumes au métro: évaluation d’une intervention visant à améliorer leur accès dans un quartier défavorisé de l’Est de Montréal

Résumé:

La mise en place de sources alternatives d’approvisionnement (SAA) dans des secteurs mal desservis telles que des marchés locaux offrant des fruits et légumes (FL) frais représente une stratégie prometteuse pour prévenir les maladies chroniques et réduire les inégalités de santé. Toutefois, l’efficacité de ces interventions demeure incertaine. Cette étude vise à évaluer l’utilisation d’un nouveau marché de FL frais mis en place aux abords d’une station de métro dans un quartier défavorisé de Montréal où l’offre était préalablement limitée. Les données ont été collectées auprès des utilisateurs du marché directement au point d’achat (n=218) et par téléphone auprès d’un échantillon aléatoire de résidents vivant à proximité (n=335). Parmi les utilisateurs recrutés au marché, 23% avaient un faible revenu, 57% ne consommaient pas suffisamment de FL et 54% n’avaient pas accès à une voiture. Après ajustement pour les co-variables, le niveau d’éducation et le fait de se situer sous la mesure de faible revenu n’étaient pas associés à l’utilisation du marché (n=438). Consommer suffisamment de FL [OR=1.82, 95% CI (1.070-3.099)], résider plus près du marché [OR pour distance domicile-marché = 0.86, IC 95% (0,76-0.97)], passer devant le marché sur son itinéraire habituel de déplacement [OR=2.57, IC 95% (1.46-4.53)] et ne pas avoir accès à une voiture [OR=3.16, IC 95% (1.78-5.62)] étaient associés à son utilisation. Le marché a rejoint des populations souvent contraintes dans leurs pratiques d’approvisionnement, notamment les populations à faible revenu, celles qui dépendent du transport en commun et celles vivant seules. Le lieu de transit semble avoir particulièrement contribué à démocratiser l’accès. Implantées dans des lieux stratégiques, les SAA représentent une stratégie prometteuse pour améliorer l’accès à des FL frais et possiblement augmenter leur consommation.

La maîtrise est disponible sur papyrus: https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/19456

 

Girgis Labib (McGill University) 

Physician experiences and barriers to addressing the social determinants of health in clinical care in the Eastern Mediterranean Region

Résumé:

Introduction: It has been increasingly recognized that social determinants can impact the health of patients and populations. Although there are a growing number of publications and studies about this topic in industrialized countries, relatively little is published in the Eastern Mediterranean Region. In particular, there is little known about how physicians in this region can help to address the underlying social causes of poor health of their patients. The objectives of this study are: 1) To identify common social challenges faced by patients in Eastern Mediterranean countries, 2) To assess what doctors are already doing to address these challenges, 3) To identify barriers and facilitators for addressing the social causes of poor health in the clinical encounter, and 4). To explore the main similarities and differences between doctors' experiences in Eastern Mediterranean countries as compared to the Canadian context where social accountability is increasingly emphasized in medical education and accreditation standards of health care institutions. Methods: We conducted a qualitative research study employing a qualitative descriptive methodology. A maximum variation purposive sampling approach was used to recruit physicians with a wide range of age groups, genders, countries of origin, types of clinical practice and years since training. A snowball technique was also used to identify additional participants. Recruitment continued until data saturation was reached. In total, semi-structured in-depth interviews were carried out with 18 doctors who were trained in Eastern Mediterranean countries but have since moved to Canada. In this way, all study participants had in-depth understanding and practical clinical experience as health professionals in the Eastern Mediterranean Region, as well as an awareness of the Canadian health care system and context. All interviews were conducted in English, whether in person or over the phone, and transcribed verbatim. A conventional content analysis was used to analyze the data.Results: According to study respondents, the main social challenges of patients in the Eastern Mediterranean Region include poverty, illiteracy, domestic violence, unstable families, and food insecurity. Doctors there have attempted to help their patients by providing free medical services and free medications, establishing a donation box for underprivileged patients and referring to social workers, where available. Barriers to addressing social determinants in this context include cultural constraints, lack of time, unfamiliarity or unavailability of social support organizations, shortages of family doctors, and lack of formal training in how to address social determinants of health. Study participants acknowledged that Canadian health care providers have greater access to a wide range of social support resources, a better developed social security network for patients living with disadvantage, and increasingly more training and awareness about the social determinants of health and social accountability role than in their countries of origin. Conclusions: Most study participants expressed their willingness to help patients in dealing with social challenges, and shared their experiences of tackling such issues, though there were also important barriers reported that would need to be overcome. Participants suggested that better addressing social challenges in clinical care within the Eastern Mediterranean context would require educating both doctors and patients about the importance of discussing the patient's social environment as part of the clinical encounter, as well as advocating for broader policy approaches by governments to address the underlying structural causes of widespread social challenges.

Master's (and French abstract) available online(copy and paste link): http://digitool.Library.McGill.CA:80/R/-?func=dbin-jump-full&object_id=148658&silo_library=GEN01

 

Pellerin Sabrina (UQAM)

L’effet des récompenses et de la considération sur l’état de santé psychologique : les mécanismes sous-jacents

Résumé:

Les problèmes de santé mentale se révèlent un défi de taille pour les organisations. La détresse psychologique, qui en constitue une dimension importante, ne fait d'ailleurs pas exception à la règle. Celle-ci entraîne des pertes importantes de productivité de même que des coûts de gestion des ressources humaines. Les conséquences sont tout aussi importantes pour les travailleurs, lesquels subissent une insécurité d'emploi et de revenus. Ils sentent également leur estime de soi menacée. C'est d'ailleurs ce processus de dévalorisation de soi qui est au centre de cette étude. Il s'avère donc primordial de comprendre comment les problèmes de santé mentale sont engendrés, et ce, de manière à faire de la prévention. Le modèle du déséquilibre effort-récompense de Siegrist (1996) a guidé notre recherche. Il stipule que le manque de réciprocité de la relation d'échange entre le travailleur et l'employeur engendre de la détresse psychologique à plus ou moins long terme. Ainsi, lorsque les travailleurs donnent plus à l'employeur (contributions) qu'ils ne reçoivent en retour (rétributions), ils perçoivent un manque de réciprocité qui leur signale le peu de valeur que leur accorde leur employeur. L'exposition plus ou moins prolongée à cette situation d'iniquité et de dépréciation mènerait les travailleurs à croire qu'ils ont effectivement peu de valeur. Toutefois, cette hypothèse de la dévalorisation de soi, qui constitue le fondement du modèle de Siegrist (1996), n'a jamais fait l'objet d'une vérification empirique à notre connaissance. Afin de combler cette lacune, l'objectif de notre recherche consiste à vérifier le rôle médiateur qu'est susceptible de jouer la perception d'être estimé par l'organisation dans la relation entre l'équité perçue des rétributions (reconnaissance, sécurité d'emploi, promotions) et le niveau de détresse psychologique. Notre étude porte ainsi sur les mécanismes psychologiques qui expliquent que la perception de justice à l'égard des rétributions obtenues au travail (reconnaissance, chances de promotions, sécurité d'emploi) influence la détresse psychologique. Celle-ci est définie comme un état psychologique marqué par l'irritabilité, l'anxiété, le découragement et la dévalorisation de soi (Hardy, Woods et Wall, 2003 ; Massé, 2000). Pour réaliser notre objectif de recherche, nous avons vérifié le modèle de Siegrist (1996) dans le cadre d'une démarche hypothético-déductive qui suit un devis de recherche corrélationnel à coupe transversale. Nous avons formulé quatre hypothèses de recherche portant à la fois sur l'effet des variables indépendantes sur la détresse psychologique et sur le rôle médiateur de la perception d'être estimé par l'organisation. La population visée par notre étude était constituée de l'ensemble des employés syndiqués de trois centres d'appels affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), soit 2 680 travailleurs. Quelques 659 travailleurs ont répondu par l'affirmative à notre invitation, ce qui totalise un taux de réponse de 24,59 %. Les données ont été collectées à l'aide de la technique du questionnaire auto-administré et nous avons analysé les données à l'aide du logiciel SPSS. Les résultats de notre étude révèlent que trois des quatre hypothèses de recherche sont vraisemblables. Une seule hypothèse a été partiellement acceptée. Ainsi, nos résultats montrent que les perceptions d'équité à l'égard des rétributions (reconnaissance, promotions, sécurité d'emploi) agissent sur le niveau de détresse psychologique à travers la perception d'être estimé par l'organisation. Nos résultats soutiennent ainsi l'hypothèse fondamentale du modèle de Siegrist (1996) selon laquelle l'iniquité des récompenses entraînerait des problèmes de santé mentale à travers un processus de dévalorisation. Cette recherche apporte ainsi deux principales contributions à l'avancement des connaissances. Sur le plan théorique, la validation empirique du modèle de Siegrist (1996) permet de mieux saisir le processus menant à la détresse psychologique dans les milieux de travail. Les résultats permettent également de sensibiliser les organisations à ne pas sous-estimer le rôle que peut jouer l'équité des rétributions sur la santé mentale de leurs travailleurs. En saisissant mieux les impacts de la réciprocité, il sera ainsi plus aisé de faire de la prévention.

Le mémoire est accessible enligne: https://archipel.uqam.ca/11105/

 

Saigle Victoria Heather (McGill University)

Suicide and Ethics: A review of practical issues that arise in clinical and research settings and of their neglect in academia

Résumé:

The occurrence of suicideand nonfatal suicidal behaviours is a complex health and social problem that causes significant injury and death each year. Unfortunately, suicidedoes not receive attention in academic scholarship that is proportional to its overall incidence rate and social impact. Ethical concerns and attitudes towards suicide, including the involvement of suicidal individuals in decision-making, are distinct from concerns about related acts such as euthanasia or physician-assisted dying. However, they have not been thoroughly explored. Due to this neglect, we believe that we are missing vital knowledge about the dilemmas faced by this population and by professionals who frequently interact with individuals holding suicidal ideations. These gaps may serve as a barrier to knowing how to handle instances of suicidal ideation appropriately. In order for progress to be made, it is vital that we identify these problem areas and work collaboratively to bridge this knowledge gap. We conducted two scoping reviews of literature on the ethicsof suicidein order to uncover the most common ethical dilemmas that were presented and to identify issues that have not yet been addressed. These reviews examined (1) ethical issues that arise in suicideresearch, and (2) ethical dilemmas that healthcare professionals encounter when caring for suicidal patients. In total, we found 98 articles that discussed practical ethical issues in these two settings. We identified a range of ethical dilemmas encountered in clinical and research settings. These included institutional barriers, professionals' uncertainty about the most appropriate way to approach suicidal patients, professionals' perceived lack of training, and various issues linked to researchers' and healthcare professionals' fear of being held legally accountable for a patient's death. While many of these discussions touched on issues that were not unique to suicide, they were united by a sense that many ethical issues arise from healthcare professionals', researchers', and research ethicsboards' sense of duty to prevent suicide. This sense of duty prompted these groups to question whether the normal course of conduct was appropriate for suicidal populations. Whether or not healthcare professionals and researchers are responsible for preventing suicideis a matter of debate. However, what is needed is reflection about what, if anything, makes suicidality different from other ailments and whether these differences justify extraordinary treatment measures. In order to help remove ethical issues caused by suicide, more work will be needed to determine how guidelines could resolve or exacerbate existing problems, determine what steps could ensure the well-being of suicidal individuals in research and clinical practices, and, finally, what information should be communicated to researchers and healthcare professionals who intend to work with suicidal populations.

Le mémoire (et le résumé en français) sont accessibles en ligne (copy and paste link): http://digitool.Library.McGill.CA:80/R/-?func=dbin-jump-full&object_id=143734&silo_library=GEN01